Ce qui est fait aujourd’hui sauve les meubles à court terme — c’est déjà bien — mais compromet le futur

Imaginons que le parachute fonctionne et que l’essentiel des capacités soient préservées. Quel est « l’après » de cette mise sous perfusion. Ce sont des dettes inter-entreprises en hausse considérable. Ce sont des dettes fiscales et sociales qui courent et qu’il faut acquitter en décalé (même si le gouvernement est prêt à annuler ces dettes au cas par cas). Ce sont des entreprises qui doivent restaurer leur trésorerie. C’est un État qui a pris à sa charge les pertes du privé, comme d’habitude, et qui se retrouve comme en 2010 sous l’injonction d’apurer ses dettes. Bref, c’est un scénario de croissance en L, où une fois de plus la charge du choc passe par de l’austérité et est mutualisé à moyen terme sur les contribuables et les salariés. C’est la leçon de 2008. Qui nous dit simplement que le QE est peut être efficace pour sauver le canal bancaire, mais inefficace pour sauver l’économie réelle.
Faire évoluer le principe, c’est zéro destruction de capacité et zéro dette supplémentaire héritée de cette crise. Cela s’appelle « l’hélicoptère-monnaie » ou « drone-monnaie » pour reprendre la terminologie de Jézabel Couppey Soubeyran. Un financement monétaire transitoire direct des agents privés et publics sans création de dette en contrepartie, qui court-circuite le canal bancaire. Avec pour seule conséquence une dégradation du bilan de la banque centrale, mais une restauration de sa crédibilité, très entamée depuis la mascarade du 12 mars… Alors là, oui, le scénario en V redevient possible.

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Olivier-Passet-Riposter-a-la-crise-Covid-19-en-sauvant-le-present-sans-sacrifier-le-futur_3748516.html

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