La surveillance biométrique: conséquence inéluctable ?

Le quotidien financier britannique a ouvert ses colonnes à l’historien mondialement célèbre pour ses ouvrages Sapiens. Une brève histoire de l’humanité et Homo Deus Yuval Noah Harari.
Il rappelle que de nombreuses mesures prises dans l’urgence resteront en place, «c’est le propre des situations de crise, explique Harari, elles accélèrent l’histoire». Des décisions qui devraient demander des années d’évaluation sont prises en quelques heures. Deux choix se distinguent par leur importance, selon Harari. «Le choix entre surveillance totalitaire et reconquête démocratique; le second entre isolement nationaliste et solidarité globale.»
Imaginez que chaque citoyen porte un bracelet biométrique qui transmette en continu sa température et son pouls. Ceci permettrait de prévenir et sa maladie et sa propagation mais légitimerait un nouveau type de surveillance. «Si vous pouvez avoir accès à ma température corporelle, ma pression et mon rythme cardiaque pendant que je regarde une vidéo, vous saurez ce qui me fait rire, pleurer, ce qui me met en colère.»
C’est pourtant mal poser le débat, selon Hariri, pour qui droit à la vie privée et bonne santé doivent pouvoir aller de pair. Et de s’appuyer sur les cas de la Corée du Sud, de Taïwan et de Singapour qui, s’ils se sont appuyés sur certaines applications de pistage, se sont bien davantage appuyés sur des tests réalisés à grande échelle, des chiffrages honnêtes et la coopération d’un public correctement informé. Atteindre un tel niveau de coopération volontaire nécessite de la confiance, note cependant Hariri, de la confiance dans la science, les autorités publiques, les médias.
L’épidémie de Covid-19 est donc un test majeur pour le pouvoir des citoyens, assène Hariri. «Si nous ne faisons pas les bons choix, nous pourrions devoir abandonner nos libertés les plus précieuses.»

https://www.letemps.ch/monde/monde-apres-coronavirus-yuval-noah-harari#main-content

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