La crise de trop pour l’économie italienne?

Le choc porte notamment sur deux fronts stratégiques, l’industrie touristique et l’industrie manufacturière, deux places fortes de l’économie transalpine qui étaient déjà très fragilisées avant la pandémie. L’Italie est en effet le premier pays de la zone euro en matière d’offre hôtelière: avec près de 33 000 établissements, elle devance l’Allemagne, en deuxième position grâce à son tourisme d’affaires, et se situe loin devant la France et l’Espagne. Mais l’avance de l’Italie, avec ses structures de petite taille et parfois obsolètes, se réduit du point de vue du nombre de lits avec les autres grands pays touristiques.
La capacité hôtelière de l’Italie a stagné ces dernières années alors que celle des pays concurrents augmente, et parfois de façon spectaculaire comme au Portugal ou à un degré moindre en Croatie. C’est donc sur une filière en perte de vitesse que la crise du Covid-19 s’est abattue. De plus, les visiteurs étrangers représentent également une manne importante pour les boutiques de produits de luxe d’autant plus qu’avec 5 millions de touristes, l’Italie était la première destination des Chinois.
La crise du Covid-19 sonne le tocsin pour une économie et un appareil de production en perte de vitesse depuis des décennies. Fin 2019, le PIB réel n’avait toujours pas retrouvé son niveau d’avant la crise de 2009. Une médiocre productivité du travail, un délitement du tissu industriel, une dette publique déjà à plus de 135% du PIB en 2019, un secteur bancaire miné par les créances douteuses, l’économie italienne est à genoux.

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