Le « lobby » des taux zéro: cela finira mal

Reprenons le tableau aujourd’hui. Les taux longs ont décroché partout dans le monde développé, pour voisiner autour de zéro, comme s’ils entérinaient un excès permanent d’épargne sur l’investissement, c’est-à-dire une surproduction permanente et irréductible, sans qu’à aucun moment l’investissement tire parti de cette situation pour propulser l’économie sur une orbite plus élevée. Mais est-ce une situation naturelle? Non. Les banques centrales, dérogeant à leur mission originelle, agissent directement sur les marchés de titres, les achetant massivement pour éliminer toute tension sur le marché des fonds prêtables, notamment concernant les titres d’État… à l’instar de la BCE. Elles sont de ce fait en acteur décisif de cet artifice des taux longs zéro, maintenant par ce truchement artificiellement les prix d’actifs en apesanteur (immobilier, actions, obligations), en totale déconnexion des performances de l’économie réelle.

Et aujourd’hui, toute remontée des taux les exposerait à une crise de solvabilité sans précédent, et à des défauts qui détruiraient une part considérable du patrimoine. Et face à cela, les ménages détenteurs d’actifs, notamment les retraités qui détiennent des droits par capitalisation, ont plus à perdre d’une grande culbute des marchés d’actifs à court terme, que des gains à attendre d’une remontée de la rémunération de leur épargne. Bref, il y a convergence d’intérêt de tous les acteurs économiques.

La récente réunion de Jackson Hole confirme qu’elles n’en ont pas fini avec leur fuite en avant. Et s’il est vrai qu’elles sont aujourd’hui les grandes artisanes du sauvetage de l’économie, ne perdons pas de vue qu’elles sont un maillon décisif du grand dérèglement du capitalisme, et de ce sentiment d’un jeu à la Ponzi qui finira mal.

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Taux zéro

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