Crise sanitaire: plus durement touchée pendant le confinement, l’économie francilienne se redresse ensuite moins vite qu’à l’échelle nationale

Tout comme en France, la crise sanitaire a affecté l’économie francilienne dès la fin du premier trimestre, période à partir de laquelle l’Île-de-France a appliqué, comme le reste du pays, les mesures de confinement général. Avec plus de 100 000 emplois détruits au premier trimestre 2020 (dont la moitié dans l’intérim), la région a perdu l’équivalent des emplois créés en 2019. Au deuxième trimestre 2020, la perte se poursuit, bien que plus modérée, avec 78 000 emplois en moins. En parallèle, le nombre de demandeurs inscrits à Pôle emploi en catégorie A a bondi de 27,8 % entre février et avril 2020 pour s’établir à 834 090 fin avril 2020, son plus haut niveau depuis le début du suivi statistique en 1996. Fin juin 2020, le nombre de demandeurs d’emploi redescend légèrement, à 791 920, mais l’ampleur du choc reste considérable: entre le premier et le deuxième trimestre, la demande d’emploi croît de manière inédite de 21,8 %.

L’économie francilienne a enfin été pénalisée par une faible consommation domestique, en partie en raison d’une diminution de la population parisienne (touristes compris) d’environ 450 000 personnes (-20 %) pendant le confinement, dont près de la moitié (208 000 résidents, – 9,2 %) concerne des départs de Parisiens vers le reste de la région ou la province.

En Île-de-France, le redressement post-confinement paraît plus lent que dans les autres régions. Ainsi, 38 % des chefs d’entreprise franciliens interrogés considèrent encore que l’impact de la situation sanitaire sur leur activité à la fin juin est sévère. Ce point de vue est davantage partagé dans le secteur de l’industrie où 48 % des chefs d’entreprise estiment que l’impact de la crise sanitaire est encore élevé à la fin du mois de juin. Dans ce secteur, le niveau d’activité est évalué, en juin, à 80 % de la normale, légèrement en deçà du niveau national. Les services marchands se retrouvent dans une situation similaire. En particulier, dans le secteur de l’information-communication, le niveau d’activité est estimé à 84 % de la normale contre 89 % pour l’ensemble de la France métropolitaine.

La reprise de l’activité est toutefois vigoureuse dans le BTP: dès juin, elle est revenue à un niveau équivalent d’avant la crise sanitaire, supérieur à celui observé en France métropolitaine (+ 12 points). Toutefois, les retards pris concernant les grands chantiers d’infrastructure autour du Grand Paris Express pourraient être difficiles à rattraper.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/4796800

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