Le triomphe de l’hyper-capitalisme financier

Nous ne sommes pas aujourd’hui à la fin d’un monde, mais bien à son apogée. Croire que ce que nous vivons enterre le capitalisme financiarisé est une vue de l’esprit. Jamais au contraire, le grand rêve de la finance de marché de reporter les risques sur les autres agents, et notamment sur les personnes et de s’immuniser contre les aléas de l’économie réelle n’a atteint un tel degré.

Le détenteur du capital refuse de porter le risque d’une instabilité des profits et reporte l’incertitude sur les salariés ou un essaim d’emplois flexibles ou en freelance. Cette quête de la variabilité des coûts n’a cessé de gagner du terrain, via l’externalisation des process, et la plateformisation, qui permet de reporter les ajustements sur la sous-traitance. Et elle franchit un nouveau seuil aujourd’hui avec le télétravail qui permet à certaines entreprises de toucher du doigt le rêve du « officeless ». Un monde merveilleux, ou même l’immobilier basculerait dans le champ des coûts variables. Où le collaborateur fournirait son travail, et la surface qui va avec… nouveau degré de l’ubérisation du monde.

Et peu à peu et plus que jamais, les gestionnaires d’actifs sont devenus l’acteur pivot de la financiarisation. Ils ont atteint une telle taille critique, un tel degré de concentration que nulle entreprise cotée n’ose déroger aux objectifs financiers que ces fonds leur assignent. Ils jouent plus que jamais la concentration des secteurs… pourquoi se priver d’une rente de monopole qui booste la valeur des titres quand on détient les prédateurs et les cibles?

Banques centrales et États marchent main dans la main pour éliminer le risque de sinistralité qui serait couteux pour la finance. Au final c’est le contribuable des générations futures qui paiera pour l’immunité de la finance d’aujourd’hui. Et les fonds de gestions, continuent à bien se porter. Ils ont plus que jamais la main sur les choix d’investissement, autrement dit sur la construction du monde de demain.

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