L’aviation privée dans la tempête

Dès mars, l’effondrement de l’aviation commerciale classique devait faire les choux gras des opérateurs de jets privés à la demande. C’était du moins ce qu’annonçait le secteur, qui continuait récemment encore à afficher une confiance de façade.


Pourtant, ce mercredi 11 novembre à l’aéroport de Genève – un des principaux hubs européens de l’aviation d’affaires – l’activité est atone. 90 mouvements sont programmés contre environ 500 en période habituelle, dont une cinquantaine de vols privés (la moitié du volume usuel). Plus inquiétant encore, des destinations phares de l’aviation d’affaires – Etats-Unis, Moyen-Orient ou encore Asie, qui représentent une grande partie du chiffre d’affaires du secteur – sont totalement absentes des écrans de contrôle.


Pour ceux qui opèrent des jets chers et haut de gamme long-courriers, comme la société Albinati (22 appareils, dont des Falcon 8X et 7X et Bombardier 6000), la situation est encore plus critique. Stefano Albinati, fondateur, ne mâche pas ses mots quant à l’hypocrisie ambiante: «Pour rassurer, certains acteurs vantent un effet d’aubaine pour l’aviation privée, mais c’est totalement faux, toute l’industrie souffre. Jugez plutôt: la société qui livre le carburant à l’aéroport de Genève ne fournit plus que 70 000 litres par jour contre 1,5 million en période habituelle!
Le courtier LunaJets a profité de son positionnement indépendant et leader sur le marché européen pour négocier avec des opérateurs aux abois, et attend même 20% de croissance cette année. Flexible, la société a créé au printemps une task force d’avions-cargos et acheminé depuis la Chine 150 millions de masques et autres protections aux gouvernements anglais et français, et à la grande distribution allemande et suisse.

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