Les jeunes générations perdues de la Covid-19

L’emploi est composé de strates générationnelles dont les trajectoires diffèrent. Les nouvelles générations sont certes mieux pourvues en diplômes. Mais le sésame du diplôme ne suffit pas.

Les premiers pas d’entrée dans la vie active sont également décisifs. Le diplôme, continue à sécuriser l’entrée des jeunes sur le marché du travail et à accélérer leur stabilisation dans un CDI, en dépit de tout ce qui est dit sur la dépréciation de ces derniers. Mais les acquis de l’expérience en début de carrière modifient considérablement les perspectives de progression ultérieures.
D’après les études sur l’impact de la crise de 2008, c’est d’abord la durée moyenne de temps passé en emploi qui diffère. 61 mois en moyenne pour la génération subprime contre 67 mois en moyenne pour celle de 1998 avec des écarts très marqués pour les non diplômés : ceux de la génération 1998 ont occupé un emploi 55 mois en moyenne, tandis que ceux de la génération subprime, 39 mois en moyenne. Et 7 ans après leur entrée seuls 21% des non diplômés sont stabilisés sur un CDI contre 41% pour la génération 1998. Si l’on compare les salaires de la génération 1998, 7 ans après son embauche, soit en 2005 avec ceux de la génération 2010, 7 ans plus tard, soit 2017, la progression est quasi nulle. Et les diplômés de licence, de master ou de grandes écoles gagnent même nettement moins en 2017 que leurs ainés en 2005.


En plus de ces problèmes la génération Covid seront très accentués par l’incroyable mobilisation des moyens publics pour préserver l’emploi des insiders, autrement dit de ceux qui sont déjà en emploi. Chômage partiel, soutien financier aux entreprises ont conduit à une rétention inédite de main d’œuvre, qui entretient un sureffectif chronique…

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Olivier-Passet-Les-generations-perdues-de-la-Covid-19_3749125.html

 

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