Sortir de l’impasse des taux zéro

La vérité est que nul ne sait où se situe la croissance potentielle aujourd’hui.
Même dans un pays comme la France — dont l’État se finance aujourd’hui sur les marchés à taux zéro, et même négatifs, et qui restructure activement sa dette sur les marchés pour remplacer les tranches coûteuses par des tranches moins coûteuses —, le taux effectif de la dette publique est encore de 1,5%. Bref, les fondamentaux de la stabilisation de la dette ne sont pas si bien assurés que cela, même à court ou moyen terme.

La seconde source d’inquiétude provient de la volatilité des marchés. Aussi faibles que soient les taux longs, cette position n’est pas acquise. Les légères tensions observées sur les rendements américains depuis la fin de l’été 2020, dans le sillage des élections, sont là pour le rappeler. Certaines régions dont les perspectives se redressent plus fortement que les autres vont attirer les capitaux et mettre en tension les marchés à échelle mondiale, pénalisant les pays les plus enlisés. Il ne faut pas pour autant surévaluer ce risque. Les variations de taux ne diffusent leurs pleins effets sur le coût effectif de la dette que très graduellement, à la marge, au rythme de renouvellement du stock…

La troisième source de menace, et certainement la plus probable, ce serait un changement de ligne de la Banque centrale. Elle a de fait considérablement limité les spreads qui peuvent pénaliser les pays les plus endettés. Mais que se passera-t-il en sortie de crise ?
Reste la grande incertitude des horizons longs. Certes, le régime de faible taux est sûrement durable. Durable, mais pas éternel.
Face à ces incertitudes quelle préconisation ? Adosser la dette facile à des investissements à haut rendement économique et social pour renforcer la croissance potentielle, car il en restera forcément quelque chose.

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