Etat calamiteux de l’Italie ?

Le déclin démographique du pays fait partie intégrante de l’équation qu’il aura à résoudre car l’Italie se dépeuple et a perdu plus d’un million d’habitants depuis 2014.

C’est la conséquence de la chute des naissances descendues à un point bas alors que les décès ne cessent de progresser et dépassent le nombre de nouveaux nés de façon quasi-continue depuis le milieu des années 90. Le solde naturel est donc devenu négatif et s’enfonce au fil des ans. Et comme si tout cela ne suffisait pas, l’Italie est redevenue une terre d’émigration massive.

Près de 800 000 personnes nées en Italie ont quitté le pays depuis 2008.Une perte en capital humain d’autant plus importante que sont des jeunes adultes (1 partant sur deux a entre 20 et 39 ans) avec un niveau de qualification élevé qui quittent le pays.

Même en gommant ses effets en rapportant le PIB au nombre de personnes en âge de travailler, l’Italie décroche. En valeurs absolues d’abord, avant même que survienne la crise de la Covid-19, l’économie italienne restait en deçà de 2,5% du pic précédant la grande récession de 2008-2009.

Le déclassement de l’économie italienne, c’est d’abord celui de son industrie manufacturière dont la valeur ajoutée a chuté de plus de 8% entre 2007 et 2019, quand les autres branches limitaient la casse, avec un recul inférieur à 2%. En cause la productivité. Elle plafonne depuis plus de 15 ans. L’Italie s’est montrée incapable de procéder aux investissements nécessaires pour inverser la tendance.

Cette perte de pied de l’Italie se retrouve aussi en partie dans l’affaiblissement relatif de son secteur touristique. En 2008, la capacité hôtelière italienne représentait plus de 18% de l’offre de lits de l’Union Européenne à 28. (S7B) Onze ans plus tard moins de 16.

L’Italie détient néanmoins au moins trois atouts. Sa capacité à générer des excédents courants depuis 2012 donc à accumuler des créances sur le reste du monde. Le bouclier de l’euro lui permet de bénéficier, malgré la crise, de taux souverains à 10 ans avantageux . Mieux, le spread avec le Bund allemand, bon indicateur de la perception du risque par les investisseurs, est faible signe que les marchés ne sont pas inquiets quant à la capacité du pays de faire face à ses échéances. Et pour cause, c’est le premier bénéficiaire du plan de relance européen.

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Dans-quel-etat-Draghi-a-t-il-recupere-l-Italie–306347912_3749465.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=XC020321&utm_medium=email

 

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