Le «sentiment d’inflation» est difficile à cerner

La Fed se veut moins sensible aux chiffres sur l’inflation que sur l’emploi. Mais de plus en plus d’économistes estiment qu’elle pourrait devoir réagir plus vite que prévu via ses achats d’actifs (quantitative easing, QE) et sa «forward guidance» sur les taux si l’indice CPI des prix à la consommation aux Etats-Unis devait demeurer le reste de l’année à 4,2% sur un an comme en avril. L’indice PCE des dépenses personnelles hors aliments et carburants est monté quant à lui à 2,3% fin mars.

A plus long terme, «ce qui compte c’est la perception de l’inflation par les agents économiques car, sur les marchés comme dans l’économie, elle a un côté autoréalisateur», rappelle Christophe Morel, chef économiste de Groupama AM.
Les ménages semblent plus inquiets et la dernière enquête sur le sentiment des consommateurs par l’Université du Michigan a vu leur indice de confiance tomber à un creux de trois mois de 82,8 en mai, après 88,3 en avril, essentiellement à cause de leur crainte d’une forte hausse des prix. Si ce sentiment durait plusieurs mois, ils avanceraient probablement certaines dépenses futures induisant un changement de comportement propice à renforcer l’inflation.

«Les entreprises américaines ont peut-être la vision la plus juste et la moins émotionnelle, rappelle Thomas Costerg, économiste US chez Pictet WM, et elles montrent aussi des attentes en hausse record», selon la dernière enquête de la Fed d’Atlanta : 2,8% d’inflation en moyenne sur l’année à venir, après 2,8% de hausse de leurs coûts depuis un an. En même temps, elles se montrent très modérées sur l’influence des niveaux de ventes ou de salaire au cours des 12 prochains mois.

https://www.agefi.fr/asset-management/actualites/quotidien/20210525/sentiment-d-inflation-est-difficile-a-cerner-321804

 

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